Le travaile des enfants
Apparue en Angleterre dès la fin du XVIIIe siècle, la révolution industrielle eut pour conséquence une mutation capitaliste et industrielle, souvent cruelle, qui supplantera la civilisation rurale et féodale dans toute l’Europe.
Avec le XIXe siècle s’ouvre l’ère du "machinisme" et l’explosion démographique des villes C’est aussi l’apparition de nouvelles classes sociales lesquelles s’affronteront bientôt dans des luttes qui déboucheront, bien plus tard, à des régimes de sécurité sociale de plus en plus remis en question de nos jours.
Dans le même temps, on assiste à une explosion démographique dans toute l’Europe occidentale. De 140 millions d’habitants en 1750, elle passe à 187 millions en 1800 et atteint 274 millions en 1850. A l’échelle de la planète, qui compte 900 millions d’humains en 1800, c’est une croissance unique, qui bientôt nourrira l’exode vers les Etats-Unis.
A l’instar de ce que l’on a observé bien plus tard dans les pays du Tiers-monde, l’enfant prend un peu de valeur. Il n’est plus seulement une bouche inutile, mais il devient une force de travail supplémentaire que l’industrie peut employer, parfois dès l’âge de 4 ans, seize heures par jour, dans la fabrication des gants et des dentelles. Un appoint qui peut faciliter la survie d’une famille…

En 1913, le travail des enfants est encore bien présent.
Aussi, selon que l’on est né dans une famille bourgeoise ou modeste, à 9 ans on peut se trouver en col marin, dans la classe de 3e primaire à l’école St Barthélemy de Liège, soit dehors par tous les temps, en bleu de travail, taillant la pierre à Sprimont

Ces photos proviennent du site de Mme Thérèse Jamin et de ses étudiants de l’ESAS - Liège
Une visite s’impose sur : http://www.hemes.be/esas/mapage
Dans la société rurale, on l’a vu précédemment, il est vrai que l’enfant est envoyé aux champs dès le plus jeune âge, et pas pour prendre l’air… Malgré tout, son sort est bien plus enviable que celui qui est réservé aux petits enfants des villes.
Les Petit Poucet, les Hansel et Gretel de tous les contes européens s’inspirent d’une réalité. Perdre des enfants dans la forêt était plus acceptable que l’infanticide…
Quelques repères de la législation belge :
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1889 : le travail industriel est interdit aux enfants de moins de 12 ans - la durée de la journée est fixée à 12h pour les garçons de 12 à 16 ans et pour les filles de plus de 12 ans
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1911 : les travaux souterrains sont interdits aux garçons et filles de moins de 14 ans
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1914: le travail des enfants de moins de 14 ans est interdit - l’instruction obligatoire jusqu’à 14 ans est votée.
Ces lois seront mieux respectées dans le travail en usine et plus surveillées que dans le travail agricole familial.
Et en France :
Une enquête effectuée en France entre 1840 et 1850, montre que la main d’oeuvre enfantine représente près de 14% de la main d’oeuvre totale dans la grande industrie, dont 66% dans le seul secteur textile.
Une autre enquête de 1866 estime à 11.5% la main d’oeuvre des enfants (5% de 8 à 10 ans - 17.6% de 10 à 12 ans - 77.6% de 12 à 16 ans).
A la fin du XIXème siècle, le développement de la mécanisation conjugué à la dépression économique fait baisser lentement ce pourcentage.
En France, des lois seront progressivement votées pour réglementer le travail des enfants, mais leur application sera bien difficile à faire observer, tant par les patrons (surtout dans les petits ateliers) que par les parents :
Loi du 18 mars 1841 [extrait] :
Loi de 1874[extrait] :
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les enfants ne peuvent être admis dans les manufactures avant 12 ans.
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de 12 à 16 ans, le travail ne peut excéder douze heures coupées par des repos. Tant que la scolarité n’est pas terminée un enfant de moins de 15 ans ne peut travailler plus de six heures par jour. Le travail de nuit est interdit jusqu’à 16 ans. Les filles mineures relèvent de la même disposition.
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le travail des dimanches et jours fériés est interdit… La scolarité est obligatoire jusqu’à 12 ans et même jusqu’à 15 ans pour les élèves n’ayant pas assimilé l’enseignement élémentaire.
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un livret individuel d’état-civil et de scolarité ainsi qu’un registre d’entreprise contenant les mêmes renseignements sont institués.
- Est créée une inspection du travail des enfants, avec quinze fonctionnaires recrutés parmi les différentes catégories d’ingénieurs. Des procès-verbaux d’inspections peuvent être dressés et peuvent aboutir à des amendes. Un rapport annuel dressé par la Commission supérieure doit être publié au Journal Officiel.
Témoignage d’une fillette de 11 ans : dans "les débuts de l’industrie", p. 43, Enquête de la commission des Mines (1842)
" Je travaille au fond de la mine depuis trois ans pour le compte de mon père. Il me faut descendre à la fosse à deux heures du matin et j’en remonte à une ou deux heures de l’après midi. Je me couche à six heures du soir pour être capable de recommencer le lendemain. A l’endroit de la fosse où je travaille, le gisement est en pente raide. Avec mon fardeau, j’ai quatre pentes ou échelles à remonter, avant d’arriver à la galerie principale de la mine. Mon travail c’est de remplir quatre à cinq wagonnets de deux cents kilos chacun. J’ai vingt voyages à faire pour remplir les cinq wagonnets. Quand je n’y arrive pas, je reçois une raclée. Je suis bien contente quand le travail est fini, parce que ça m’éreinte complètement. "
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